Face aux inquiétudes suscitées par la réforme des lycées et du baccalauréat, Éric Alauzet saisit le Ministre de l’Education Nationale

La réforme s’applique dès la rentrée de septembre 2019. Les séries L, ES et S disparaissent et cèdent la place à une seule filière d’enseignement général. Tous les élèves de 1ère suivront un tronc commun de français, d’histoire-géographie, d’enseignement moral et civique, de 2 langues vivantes, d’EPS et d’enseignement scientifique. Outre cet enseignement commun, chaque élève de 1ère devra construire son propre parcours en choisissant 3 spécialités parmi les 12 enseignements suivants : arts ; biologie-écologie ; histoire-géographie-géopolitique et sciences politiques ; humanités-littérature et philosophie ; langues-littératures et cultures étrangères ; littérature-langues-cultures de l’antiquité ; mathématiques ; numérique et sciences informatiques ; physique-chimie ; sciences de la vie et de la terre ; sciences de l’ingénieur ; sciences économiques et sociales.


Parents et enseignants partagent des inquiétudes bien légitimes qui méritent d’être prises en compte. Elles s’articulent autour des quatre interrogations suivantes. 

- A 15 ans, l’élève a-t-il la maturité suffisante pour bâtir son parcours personnel ? Est-il en capacité de définir avec certitude son projet professionnel ? Les matières qu’il choisira ne risquent-elles pas de compromettre des filières d’enseignement supérieur ? Un exemple : les mathématiques ne seront plus obligatoires en 1ère et en terminale. Est-ce que cela ne risque pas de fermer certaines formations postbac ?

- La réforme n’est-elle pas précipitée et insuffisamment préparée ? L’enseignement supérieur est-il prêt à s’adapter à ce nouveau baccalauréat et a-t-il intégré l’impact de ces modifications dans ses attendus et formations ? Après leur rejet par le Conseil Supérieur de l’Education des 18 et 19 décembre, les nouveaux programmes seront-ils prêts pour la rentrée 2019 ? Les chefs d’établissement et les équipes pédagogiques disposent-ils de toutes les informations pour appliquer cette importante réforme dès la rentrée prochaine ?

- En matière d’organisation, quels seront les moyens mis à disposition des proviseurs pour accueillir tous les élèves s’ils étaient très nombreux à choisir un ou des enseignements de spécialités ? Est-on certain qu’ils ne seront pas refusés et contraints de prendre par défaut un autre enseignement ? A contrario, que deviendront les enseignements qui seront choisis par très peu d’élèves ? Seront-ils maintenus ?

- La pérennité des « petits » lycées est-elle garantie ? Comment le lycée unique d’une ville petite ou moyenne, éloigné d’un autre établissement ne lui permettant pas de travailler en réseau, pourra-il offrir les 12 enseignements de spécialité ? Ces enseignements ne seront-ils pas réduits à 3 ou 4, conduisant les élèves à choisir par défaut et aboutissant à recréer de fait les ex-filières supprimées par la réforme ? 


Ce sont ces questions essentielles, partagées par la grande majorité des parents d’élèves et des personnels de l’Education Nationale, qu’Éric ALAUZET a portées auprès du Ministre Jean-Michel BLANQUER.