Un déconfinement progressif et mesuré

Qu’on soutienne ou pas l’action du gouvernement, reconnaissons au Premier Ministre d’avoir tenu un discours courageux, grave et responsable ce mardi 28 avril lorsqu’il a présenté la stratégie nationale de déconfinement. 

Il l’a souligné : « C’est une ligne de crête délicate qu’il faut suivre. Un peu trop d’insouciance et c’est l’épidémie qui repart. Un peu trop de prudence et c’est l’ensemble du Pays qui s’enfonce ». Il a pleinement raison ! Pour empêcher une deuxième vague redoutée par la plupart des spécialistes, il nous faut rester très prudent. Ce déconfinement doit être maîtrisé et repose donc sur un équilibre particulièrement subtil.


Le confinement en vigueur depuis le 17 mars a été un instrument efficace pour ralentir la progression de l’épidémie. Mais le Covid-19 ne disparaitra pas le 11 mai. Nous devons donc vivre avec et redoubler de vigilance, tout en reprenant progressivement l’activité, afin de ne pas risquer l’effondrement économique et social de notre pays. 

Un plan de déconfinement reposant sur un triptyque : protéger, tester, isoler


Protéger

Aujourd’hui, nous recevons près de 100 millions de masques sanitaires par semaine et nous recevrons près de 20 millions de masques grand public lavables à compter de mai. Par ailleurs, nous produirons 20 millions de masques sanitaires chaque semaine d’ici la fin mai et 17 millions de masques textiles au 11 mai. Le Gouvernement soutiendra financièrement les collectivités pour l’achat de nouveaux masques. Les préfets disposeront d’une enveloppe locale pour soutenir, avec les départements et les régions, les plus petites collectivités. Et une enveloppe hebdomadaire de 5 millions de masques permettra d’organiser, en lien avec les maires et les présidents de conseils départementaux, l’accès aux masques de nos concitoyens les plus précaires. Il devrait donc y avoir assez de masques pour faire face aux besoins à partir du 11 mai.

Tester

Le Gouvernement met tout en œuvre pour rendre l’accès aux tests facile et rapide, pour toute personne présentant des symptômes et pour les personnes ayant été en contact étroit avec des personnes infectées : il mobilise notamment tous les acteurs avec un objectif de 700 000 personnes testées par semaine d’ici le 11 mai. Un test pourra donc se faire dans tout type de laboratoire, public ou privé. Il sera remboursé à 100% par l’assurance maladie.

Isoler

Toute personne testée positive fera l’objet d’un isolement tant que les symptômes n’ont pas disparu, et un travail d’identification et de test de tous ceux, symptomatiques ou non, qui auront eu un contact rapproché avec ces personnes sera engagé. Tous ces cas contacts seront testés et seront invités à s’isoler préventivement (quatorzaine). L’isolement est une mesure de mise à l’abri, et n’est pas une sanction.


L’école, le travail, les commerces, le transport et la vie sociale, enjeux prioritaires du plan de déconfinement


Education : un retour très progressif

La reprise des cours dans le primaire se fera progressivement, sur la base du volontariat des familles et à partir du 11 mai par groupe de 15 enfants maximum par classes. Les collèges rouvriront dans un second temps à partir du 18 mai en commençant par les classes de 6e et 5e, tandis que la décision concernant la reprise des lycées sera prise fin mai.

La sécurité des élèves reste la priorité du Gouvernement, qui veillera à ce que les classes rouvrent dans des conditions de sécurité sanitaires strictes : pas plus de 15 enfants par classes, une vie scolaire organisée autour des gestes barrière et la distanciation sociale, le port du masque pour les enseignants, les personnels et les collégiens quand ils reprendront.

Les crèches rouvriront également le 11 mai, par groupe de 10 enfants maximum. Dans les priorités d’accueil, l’impossibilité de télétravail des couples ou les difficultés rencontrées par les familles monoparentales devront être prises en compte. Les enfants des soignants et des professeurs devront également être prioritaires.


Vie au travail

Les entreprises sont encouragées à maintenir le télétravail partout où il est possible. Pour limiter la fréquentation des transports en commun et des locaux de l'entreprise, la pratique des horaires décalés devra être encouragée partout où le télétravail n'est pas possible. 

Tous les commerces, sauf les cafés, restaurants, pourront ouvrir à compter du 11 mai. Les marchés, pour lesquels l’interdiction est aujourd’hui la règle et l’autorisation l’exception, seront autorisés, sauf si les maires ou les préfets estiment qu’ils ne peuvent faire respecter les gestes barrières.

L’ouverture des commerces comprendra une exception pour les centres commerciaux qui ont une zone de chalandise qui va au-delà du bassin de vie et donc qui génère des déplacements et des contacts. Les préfets pourront décider de ne pas laisser ouvrir, au-delà des sections alimentaires déjà ouvertes, les centres commerciaux de plus de 40 000 m2 qui risquent de susciter des mouvements de population.

 

Retour à la vie sociale 

Il sera à nouveau possible de circuler librement, sans attestation, sauf pour les déplacements à plus de 100 km du domicile qui ne seront possibles que pour un motif impérieux, familial ou professionnel.

S’agissant du sport : en respectant les règles de distanciation sociale, il sera possible de pratiquer une activité sportive individuelle en plein air, en dépassant la barrière actuelle du kilomètre. En revanche, il ne sera pas possible, de pratiquer du sport dans des lieux couverts, ou des sports collectifs ou de contacts.

Les lieux de culte peuvent rester ouverts. En revanche, avant le 2 juin il ne se sera pas possible d'y organiser de cérémonies. Les mariages continueront d’être reportés sauf urgence. Les cérémonies funéraires resteront autorisées dans la limite de 20 personnes. Les cimetières seront à nouveau ouverts au public dès le 11 mai.

S’agissant de la culture : les médiathèques, les bibliothèques et petits musées pourront rouvrir leurs portes dès le 11 mai. A contrario, les grands musées, qui attirent un grand nombre de visiteurs hors de leur bassin de vie, les cinémas, les théâtres et les salles de concert, où l’on reste à la même place dans un milieu fermé, ne pourront pas rouvrir. Les salles des fêtes, les salles polyvalentes resteront également fermées, jusqu’au 1er juin.

S’agissant des grandes manifestations sportives, culturelles, notamment les festivals, les grands salons professionnels, tous les évènements qui regroupent plus de 5000 participants et font à ce titre l’objet d’une déclaration en préfecture et doivent être organisés longtemps à l’avance : ils ne pourront se tenir avant le mois de septembre. La saison 2019-2020 de sports professionnels, notamment celle de football, ne pourra pas non plus reprendre.

D'une façon générale, il faut éviter les rassemblements qui sont autant d’occasion de propagation du virus. Les rassemblements organisés sur la voie publique ou dans des lieux privés seront donc limités à 10 personnes après le 11 mai.

Transports urbains

Le Premier ministre a rappelé que les transports urbains sont clé pour la reprise économique mais que le respect de la distanciation physique et des gestes barrière y était particulièrement difficile. Les deux objectifs sont donc d’augmenter au maximum l'offre de transports urbain tout en faisant baisser la demande en favorisant le télétravail. Le port du masque sera obligatoire.


Nous en avons tous conscience : le déconfinement du 11 mai, même progressif et évolutif, demeure périlleux. Sa réussite dépend de chacun de nous, de notre volonté individuelle et collective de respecter la distanciation physique et d’appliquer les gestes barrières afin d’éviter une deuxième vague. Oui, répétons-le inlassablement : il est capital de limiter la circulation du virus et le nombre de nouveau cas. Il n’y aurait rien de plus terrible que la réapparition d’un nombre de cas importants qui risquerait de saturer les services de réanimation et par là-même de provoquer un nouveau confinement. 

Evidemment, ce plan devra être adapté à l’évolution du virus qui pourrait survenir d’ici au 11 mai, par exemple si sa circulation devait être trop active, ou si les capacités hospitalières régionales en réanimation restaient tendues.

Pour ce faire, à partir de ce jour 30 avril, le Directeur Général de la Santé, présentera l’état des lieux, département par département pour être au plus des réalités locales.