Réforme des retraites : lancement de la concertation

Pourquoi la réforme des retraites est-elle inéluctable ?

Un double constat s’impose :

  • Les actifs contribuent aujourd’hui au financement des retraites à hauteur de 28% de leurs revenus. C’était 20% il y a 30 ans.
  • Les 2 dernières réformes des retraites ont permis de financer les retraites actuelles…très temporairement puisque dès 2019, l’équilibre des régimes de retraite n’est plus garanti.

Quelles sont les solutions pour financer nos retraites ?

Seules 3 possibilités sont offertes :

  • Augmenter la durée de cotisation (âge /nombre de trimestre), ce qui a été fait par le Gouvernement Fillon et a pesé sur les générations au travail
  • Augmenter les cotisations salariales, ce qui a été fait par le Gouvernement Ayrault et a encore pesé sur les générations au travail occasionnant une baisse de leur pouvoir d’achat
  • Maîtriser les dépenses et le montant des pensions. C’est cette voie qui a été choisie pour 2019 et 2020 – dans l’attente d’une réforme plus profonde à venir – pour ne pas faire peser une fois encore le financement des retraites sur les seuls salariés.

Sur une décennie, les 3 leviers auront donc été activés. Désormais, il convient de bâtir un nouveau système de retraite plus juste et plus simple, qui prenne appui sur le principe d’universalité des droits : 1 € cotisé donne les mêmes droits pour tous.

 Le 10 octobre dernier, Jean-Paul Delevoye, Haut-commissaire à la réforme des retraites, a rencontré les partenaires sociaux afin d’échanger et de présenter les orientations.

A cette occasion, il a rappelé que l’organisation actuelle est :

  • Injuste, car composé de 42 régimes n’apportant pas les mêmes droits à chacun
  • Illisible, avec au moins 3 régimes de retraites différents par personne
  • Instable, avec un système qui ne garantit pas les droits futurs

Le Haut-commissaire a présenté les grands principes :

  • Un système universel, commun à tous les français. Public et par répartition, il remplacera l’ensemble des régimes actuels.
  • Un système en points, plus juste et plus simple. Toutes les périodes travaillées donneront lieu à des cotisations qui seront comptées en points dans un compte unique. Chaque euro cotisé donnera les mêmes droits, quel que soit le statut.
  • Un système renforçant les mécanismes de solidarité. Des points seront accordés pour chaque enfant et pour compenser les interruptions d’activité (maternité, chômage, maladie, invalidité).

L’âge légal de la retraite restera fixé à 62 ans. De même, les pensions de réversion seront maintenues. Les retraités actuels et ceux qui seront à moins de 5 ans de la retraite au moment de vote de la loi ne seront pas concernés par la réforme.

La concertation va se poursuivre, l’objectif étant de présenter le projet de loi au Parlement en 2019.