« L’appel de Christchurch » : agir contre les contenus terroristes et extrémistes violents en ligne

Après le terrible attentat meurtrier de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, le 15 mars dernier, dont les images avaient été diffusées en direct sur les réseaux sociaux, la communauté internationale se devait de réagir contre l’instrumentalisation de l’internet par les acteurs terroristes.

C’était l’objet de la réunion ce mercredi 15 mai où la France et la Nouvelle-Zélande avaient réuni chefs d’Etat et de gouvernement, organisations internationales et dirigeants d’entreprises numériques.

Elle s’est conclue par l’appel de Christchurch.


Pour la première fois, c’est un acte fort qui est posé pour supprimer les contenus terroristes et extrémistes violents en ligne et rendre Internet plus sûr.

L’Appel a été adopté par la France, la Nouvelle-Zélande, le Canada, l’Irlande, la Jordanie, la Norvège, le Royaume-Uni, le Sénégal, l’Indonésie, la Commission européenne ainsi que par Amazon, Facebook, Google, Microsoft, Qwant, Twitter, Youtube et DailyMotion. D’autres pays dont l’Australie, l’Allemagne, l’Inde, le Japon, le Pays-Bas, l’Espagne et la Suède ont également apporté leur soutien à l’Appel.

L’Appel de Christchurch est un plan d’action qui engage gouvernements, organisations internationales et acteurs de l’Internet à prendre une série de mesures, notamment : développer des outils pour prévenir le téléchargement de contenus terroristes et extrémistes violents ; lutter contre les causes de l’extrémisme violent ; améliorer la transparence dans la détection et le retrait de contenus; et veiller à ce que les algorithmes conçus et utilisés par les entreprises n’orientent pas les utilisateurs vers des contenus extrémistes violents, afin d’en réduire la viralité.

L’Appel prend en compte le fait que l’action de régulation des États, à elle seule, ne suffira pas pour résoudre le problème. Il est nécessaire de faire appel à la créativité et au savoir-faire technique des entreprises et organisations de l’Internet pour trouver des solutions, tout en veillant au respect de la liberté d’Internet et en préservant les actions bénéfiques de ce dernier.

La Nouvelle-Zélande et la France porteront l’Appel de Christchurch auprès d’autres pays et entreprises et feront progresser ces objectifs dans d’autres enceintes internationales.

C’est une première étape qui s’engage et qui devra être poursuivie sur la durée, comme le déclarait Jacinda Arden, Première ministre néo-zélandaise : « à partir d’aujourd’hui, nous travaillerons aux côtés des autres acteurs engagés dans l’appel de Christchurch afin de rassembler davantage de partenaires et de développer une série d’initiatives concrètes pour garantir que les promesses faites aujourd’hui seront mises en œuvre ». Le Président de la République Emmanuel Macron soulignait que « nous devons bâtir un Internet libre, ouvert et sûr, qui donne à chacun la possibilité de partager, d’apprendre, d’innover, mais qui nous permet également de défendre nos valeurs, de protéger nos concitoyens et de les responsabiliser ».