Antisémitisme : ça suffit !

Le 1er juillet dernier, la Nation était rassemblée pour rendre hommage à Simone VEIL, 5ème femme à entrer au Panthéon, ce temple de la République, où se côtoient nos illustres. Simone Veil, déportée à Auschwitz… ; Simone Veil, rescapée de la Shoah… ; Simone Veil, dont les portraits viennent d’être barrés de deux croix gammées…

Cet acte, après d’autres tout aussi ignobles intervenus ces derniers jours, témoigne d’une recrudescence des actes antisémites. En 2018, ils ont augmenté de 74% par rapport à l’année précédente. Ce chiffre, accablant et brutal, révèle l’état de tolérance, ou pire encore, de déliquescence éthique et morale, de notre société. Comment ne pas être tout à la fois inquiets, écœurés, outrés, révoltés, et même las, disons-le, face à ces images de croix gammées taguées sur le visage de Simone Veil, à ce mot « juden » inscrit sur la devanture d’un magasin, à ces arbres abattus, plantés à la mémoire d’Ilan Halimi, jeune juif assassiné en 2006 ?! Ces actes odieux, cette haine, nous renvoient aux heures troubles de notre histoire… Celles qui ont précédé le chaos. Réveillons-nous !

Mais l’indignation et la condamnation ne suffisent pas. Cet antisémitisme insupportable qui ne se cache plus, insulte, menace et tue, -deux femmes âgées assassinées ces deux dernières années parce qu’elles étaient juives-, doit nous mobiliser sans attendre avec force et constance, avant qu’il ne soit trop tard.

Il faut davantage contrôler les contenus des réseaux sociaux, là où se répand ce type d’idéologie, très souvent sous couvert d’anonymat. Il faut donc s’appuyer davantage sur le plan national contre le racisme et l’antisémitisme lancé par le gouvernement en mars dernier pour lutter contre les propos injurieux et haineux sur internet. Il faut également renforcer la prévention par la pédagogie obligatoire à l’école dès le plus jeune âge et tout au long de la scolarité afin de nourrir le devoir de mémoire de nos enfants, avec les mêmes mots choisis à cet effet et sans dérogation aucune.

Entendons Delphine Horvilleur, femme rabbin du Mouvement juif libéral de France, qui hier matin sur une radio nationale espérait : « De semaine en semaine, il y a des gens dans les rues aujourd’hui en France. Je rêve d’imaginer que samedi prochain, le thème de cette manifestation, les panneaux qu’on y verra, seront des panneaux qui, d’une certaine manière, diront 'not in my name', c’est-à-dire que des gens pourront dire pas en mon nom ».

Nous sommes totalement en accord avec elle lorsqu’elle souligne que l'antisémitisme "n'est pas le problème des juifs" mais "le problème d'une nation".

Oui, elle a profondément raison : cela "demande une vigilance particulière de chacun".

Oui, elle a profondément raison : il en va de la République.


Eric Alauzet