Point d’étape – Plan pour l’égal accès aux soins dans les territoires

Un nombre croissant de territoires connaissent des difficultés en matière d’accès aux soins et la démographie médicale devrait encore se tendre dans les prochaines années puisque 30% des médecins ont plus de 60 ans.

Le Premier Ministre et la Ministre des Solidarités et de la Santé ont présent au mois d’octobre dernier un vaste plan d’action pour l’accès territorial aux soins. Ce plan fait le choix de la mobilisation et de la responsabilité des professionnels. L’ensemble des organisations représentant les professionnels de santé ont d’ailleurs signé en ce sens une charte d’engagement au mois de février.

La Ministre Agnès Buzyn a présidé lundi 9 juillet le deuxième comité national de suivi de ce Plan. Cela a été l’occasion de présenter les différents chantiers engagés :

De nouvelles aides financières sont accordées aux médecins qui font le choix de s’installer dans des zones sous-dotées, zones dont la cartographie est en cours de révision. Les territoires bénéficiaires des aides conventionnelles couvrent désormais 18% de la population contre 7% précédemment. Le développement des stages ambulatoires des étudiants en médecine, dont on sait qu’ils constituent un levier particulièrement efficace pour favoriser la découverte de certains territoires par les futurs médecins, est encouragé par une politique volontariste de recrutement des maîtres de stage et par la création d’une prime de 200 euros à destination des internes.

Face à la pénurie de médecins, le Plan entend s’appuyer davantage sur les compétences des auxiliaires médicaux et des pharmaciens. La création d’un nouveau métier d’infirmier de pratiques avancées – Eric Alauzet avait interpellé Agèns Buzyn à ce sujet -, adossé à une formation universitaire de grade Master, constitue une étape essentielle de ce point de vue.

Le Plan ambitionne également de doubler le nombre de maisons et centres de santé sur le territoire. Le soutien financier de l’Assurance maladie à ces structures s’est considérablement renforcé : il a atteint 35,6 millions d’euros en 2017, soit un quasi-doublement par rapport à 2016.

Enfin, les conditions d’un essor rapide de la télémédecine sont en place, puisque la téléconsultation et la télé-expertise seront désormais remboursées par l’Assurance maladie, ce qui facilitera l’accès aux soins de certaines populations résidant dans des zones sous-denses, ou peu mobiles, en particulier les résidents des EHPAD.

Cette approche rénovée produit aujourd’hui de premières avancées encourageantes : les agences régionales de santé (ARS) ont recensé près de 1 000 intercommunalités rencontrant des difficultés particulières en matière de densité médicale et dans plus de 800 d’entre elles, elles ont pu identifier et soutenir des dynamiques favorables.

Compte-tenu des tendances de la démographie médicale dans les années à venir, le défit est encore devant nous.

 

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