Performance énergétique des bâtiments : mobilisation en France et en Europe

On le sait, le secteur du bâtiment est le plus énergivore avec 45 % de l’énergie finale consommée et est à l’origine de 27 % des émissions de gaz à effet de serre en France. C’est pourquoi la rénovation est un enjeu majeur de la transition écologique.

Le Plan de Rénovation énergétique des bâtiments, présenté en avril 2018 par le Gouvernement, a pour objectif de réduire les consommations énergétiques et combattre la précarité énergétique. Cela se traduira par la rénovation de 500 000 logements par an.

Dans ce cadre, l’État et l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie lancent une grande campagne nationale pour mobiliser les Français et les acteurs publics et privés en faveur de la rénovation énergétique.

Cette campagne baptisée FAIRE (Faciliter, Accompagner et Informer pour la Rénovation Energétique) vise à inciter les professionnels comme les ménages à réaliser les travaux de rénovation. Il existe pour cela de nombreuses aides possibles de l’Etat et des collectivités locales.

Rénover son logement, ce n’est pas seulement bon pour l’écologie, c’est aussi réduire sa consommation d’énergie, et donc faire des économies financières en habitant dans un logement isolé et confortable. Ce sont souvent les plus fragiles qui logent dans des logements mal ou pas isolés, et subissent donc le coût élevé des factures de chauffage électrique qui s’envolent.

Réaliser des travaux en faveur de la performance énergétique, c’est également soutenir l’emploi et l’artisanat sur tout notre territoire. 

Info + : le réseau FAIRE (www.faire.fr), « service public » d’information et de conseil sur la rénovation énergétique de l’habitat, représente près de 400 espaces conseil. Ils sont mis en place par l’ADEME, l’Anah (Agence Nationale de l’Habitat), l’ANIL (Agence Nationale pour l’Information sur le Logement) et les collectivités, afin de répondre aux questions des citoyens concernant la maîtrise de l’énergie, la rénovation énergétique et les énergies renouvelables. L’ensemble de ces conseillers deviennent aujourd’hui des « conseillers FAIRE » pour faciliter leur identification et rendre plus lisible ce « service public de la rénovation ».

 

Economie d’énergie également au programme de l’Europe.

L’Union Européenne démarre en effet l’adoption du paquet « Energie propre pour tous les européens » avec une directive concernant la performance énergétique des bâtiments

Le 19 juin 2018, l’Union Européenne a publié la première directive du paquet « Energie propre pour tous les européens » concernant la performance énergétique des bâtiments. Cette directive UE 2018/844 du 30 mai 2018 est appelée à être transposée par l’ensemble des Etats membres de l’Union d’ici février 2020. Elle vient moderniser la directive UE 2010/31 et renforce les objectifs européens ambitieux en matière d’efficacité énergétique et de décarbonation du parc immobilier.

Notons que cette directive est directement liée à celle concernant l’efficacité énergétique et dont les modalités finales n’ont pas encore été déterminées. Cette autre directive devrait notamment fixer un nouvel objectif européen d’efficacité énergétique à échéance 2030 ainsi qu’un coefficient d’énergie primaire de référence (coefficient appliqué pour déterminer la quantité d’énergie primaire nécessaire à la production d’un KWh d’énergie finale).

Des précisions visant à atteindre l’objectif d’un parc immobilier décarboné et à haute valeur énergétique ambitieux d’ici 2050

L’UE réaffirme son objectif 2050 concernant l’efficacité énergétique des bâtiments (de – 80 à – 95% de consommation énergétique par rapport à 1990). Cet objectif est poursuivi par les Etats membres au travers de stratégies nationales qui devront faire l’objet d’un suivi via des feuilles de routes renouvelées périodiquement et rassemblant indicateurs de suivi et mesures. Ces stratégies seront accompagnées d’un soutien aux investissements.

Des dispositions favorisant la construction de bâtiments permettant le développement de l’électromobilité

La directive fixe un ensemble de dispositions favorisant la présence d’installation de recharge :

  • 20% de places équipées pour permettre l’installation de point de charge et au moins une borne de recharge dans les bâtiments non résidentiels neufs comptant au moins 10 places de parking ;
  • L’ensemble des places équipées pour permettre l’installation de points de charge dans les bâtiments résidentiels neufs comptant au moins 10 places de parking ;
  • Des dispositions complémentaires doivent être prise concernant les bâtiments non résidentiels préexistants et comptant au moins 20 places de parking.

Notons que, si ces obligations sont en dessous de celles initialement proposés par la Commission, les états membres restent entièrement libre de se fixer des objectifs plus ambitieux en fonction de leur stratégie de développement de l’électromobilité.

Des indicateurs de performance énergétique des bâtiments rénovés

La performance énergétique des bâtiments, aujourd’hui mesurée par presque tous les états membres, devra désormais être mesurée selon une méthode transparente et ouverte. Elle intégrera la qualité de l’air ainsi que, selon les décisions des états membres, les émissions de GES et l’utilisation d’énergie primaire.

Cette nouvelle méthode devrait permettre de rechercher une performance énergétique optimale.

La mise en place d’un indicateur européen d’intelligence énergétique

La Commission travail à la création d’un indicateur visant à déterminer l’intelligence et l’adaptabilité énergétique des bâtiments. Il permettrait de mesurer la capacité du bâtiment à s’adapter aux besoins des résidents et du réseau en prenant en compte les différents outils technologiques qui se déploient aujourd’hui (autorégulation, stockage d’énergie, bornes de recharge de véhicules électriques…).

L’inspection obligatoire des systèmes de climatisation et de chauffage d’une puissance importante

L’ensemble des systèmes de chauffage et climatisation d’une puissance supérieure à 70 kW devront être inspectés et évalués (rendement, dimensionnement).

Dans les bâtiments non résidentiels où les installations dépassent les 290 kW, l’installation de systèmes d’automatisation ou de contrôle est nécessaire d’ici 2025, sauf si elle s’avère techniquement ou économiquement irréalisable.

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