Après le discours d’Emmanuel Macron sur l’agriculture, les Etats généraux de l’alimentation relancés

Emmanuel Macron a prononcé devant les Etats généraux de l’alimentation marquant la fin du premier chantier des Etats généraux consacré à la création et à la répartition de la valeur entre agriculteurs, industriels et distributeurs. Le second chantier sera consacré sur le thème d’une alimentation saine, sûre, durable et accessible à tous.

Le discours du Président de la République :

Le président de la République a annoncé une future loi d’intervention tendant à protéger économiquement les prix des productions des paysans face à la grande distribution à l’horizon du premier semestre 2018.

L’un des projets du gouvernement est d' »inverser la négociation« , pour que les prix payés aux agriculteurs soient fixés à partir de leur coût de revient, sur lequel transformateurs et distributeurs appliquent ensuite leur marge. Et non le contraire, comme c’est le cas aujourd’hui. « L’objectif, c’est de redonner le juste prix aux agriculteurs pour qu’ils puissent vivre dignement de leur travail, c’est de leur redonner du pouvoir d’achat« , a expliqué le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travers.

Le gouvernement pourrait également inciter les secteurs agricoles à s’organiser en filières, réunissant tous les acteurs de la chaîne, avec pour objectif d’ici décembre de fixer des engagements sur cinq ans pour assurer leur pérennité, par exemple des pourcentages de production bio, des changements de modes de production ou de distribution, etc.

La structuration de filières interprofessionnelles, encore incomplètes dans l’agroalimentaire en France, serait la condition pour qu’elles reçoivent une partie de l’enveloppe de 5 milliards d’euros prévue pour l’agriculture.

Le gouvernement veut aussi encourager les producteurs à s’organiser pour commercialiser ensemble leurs produits. Il faut « conditionner certains dispositifs à la constitution d’organisations de producteurs et les accompagner pour définir des coûts de production et des indicateurs de marché », selon une source gouvernementale citée par l’AFP.

Pour « stopper la guerre des prix bas » menée par la grande distribution, le gouvernement veut adopter des textes législatifs, sans exclure le recours à des ordonnances, pour changer la loi de Modernisation de l’économie (LME, qui régit les relations entre producteurs et distributeurs), d’ici décembre.

« Les agriculteurs ne peuvent plus vivre du prix payé. Ne pas vouloir le regarder en face c’est décider que nous construirons la fin de nos propres équilibres, de notre indépendance et même de nos modèles de distribution« , poursuit Emmanuel Macron. « Je souhaite que nous mettions un terme très clair à ce qui est devenu une dérive ».

Emmanuel Macron a par ailleurs promis que « la mise en place du Ceta », le le traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada, serait « parfaitement conforme aux normes européennes sur la santé et l’environnement pour empêcher toute concurrence déloyale sur le marché européen« .

Les ONG ont apprécié la teneur des propos de M. Macron. France nature environnement parle de « diagnostic pertinent », avec un « cap à concrétiser », et Greenpeace d’« éléments intéressants », mais un « manque de cohérence ». WWF salue « les contrats de filières », tout en restant « sur sa faim sur la question de la transition du modèle agricole ». Le syndicat agricole FNSEA demande, lui, des « clarifications » sur les engagements pris par le président. Et la Confédération Paysanne c’est une « agréable surprise » qui doit être vérifiée dans les faits » (voir la réaction en Franche-Comté*).

*https://www.francebleu.fr/infos/agriculture-peche/les-agriculteurs-qui-fixent-les-prix-macron-le-souhaite-la-confederation-paysanne-en-franche-comte-y-1507799601

Les Etats Généraux de l’Alimentation :

http://agriculture.gouv.fr/

 

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